Par Emilie Lenain
Depuis de nombreuses années, les États membres de l’Union alignent tous les moyens à leur disposition pour ralentir les arrivées de migrants sur le territoire européen. Parmi les mécanismes déployés, bon nombre peuvent sembler licites à certaines conditions : renforcement de l’obligation de posséder un visa d’entrée sur le territoire, sanctions aux transporteurs ayant acheminé des migrants en situation irrégulière ou multiplications des interceptions en haute-mer voire sur le territoire des Etats tiers. En revanche, le récent mouvement de criminalisation du sauvetage maritime mené par l’Italie, la Grèce et Malte ne semble pas avoir de bases légales solides. Il repose sur une relecture abusive de la réglementation européenne et internationale créant une confusion dangereuse entre sauveteurs et trafiquants.